Périple Monténégrin

Le Monténégro est un pays encore mal connu des touristes français. Ce pays envoutant est encore bien souvent assimilé à la guerre des Balkans et pâtit d’idées reçues en termes de sécurité, d’accueil, de gastronomie ou encore d’hôtellerie. Afin de me faire ma propre idée sur cette destination que nous proposons dans notre brochure, j’ai donc décidé de partir y passer deux semaines. Un autotour entre montagnes et côte adriatique pour découvrir les différents visages de ce petit pays suivi d’une semaine balnéaire proche de Budva.

20160817_190235Le Monténégro, bordé par les eaux cristallines de l’Adriatique est le 159ème pays par sa taille, frontalier de la Croatie, de la Bosnie, de la Serbie, du Kosovo et de l’Albanie. Indépendant depuis juin 2006 il offre au visiteur une réelle identité nationale dans son folklore et sa culture notamment à Cetinje, l’ancienne capitale des rois.

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Route côtière entre Igalo et Perast

Pour se rendre au Monténégro c’est simple, passeport en cours de validité. On peut atterrir à Podgorica, la capitale, Tivat, proche de la côte ou Dubrovnik en Croatie selon l’itinéraire de son voyage. Je conseille vivement Transavia sur Tivat et Dubrovnik. Il faut s’y prendre un peu à l’avance pour obtenir de bons tarifs mais on s’assure la tranquillité.

Nous avons choisi d’arriver à Dubrovnik puisque notre itinéraire commençait à la frontière croate. De là nous avons loué une voiture et filé vers Igalo, station balnéaire à moins d’une heure de Dubrovnik. Il existe d’ailleurs un poste frontière « secret » à utiliser sans modération pour gagner du temps entre Dubrovnik et Igalo au Monténégro. Gain de temps sur des durées de parcours qui peuvent être parfois très longs. Comptez par exemple près de 3 heures entre Budva et Dubrovnik en passant par la côte (75 kilomètres environ) mais ma route est splendide.

20160819_192637_LLSPour une première soirée au Monténégro, l’hôtel Palmon Bay Spa 4* récemment ouvert est un hébergement très agréable. Confort moderne, restaurant et roof bar avec une vue splendide sur la côte. L’hôtel offre également à ses clients une plage privée (30 euros pour les non clients) avec piscine, bar, transats qui permet de profiter de la mer sans être assis sur la serviette de son voisin. En effet les plages du Monténégro sont vraiment bondées en cette période. Les plages privées sont donc une bénédiction. La bonne surprise à Igalo est l’addition au restaurant pied dans l’eau, 15 euros pour deux personnes avec boissons, plats et café. Se restaurer au Monténégro coûte en moyenne 30% moins cher qu’en France et il n’y a rien à redire sur la qualité, risottos à l’encre de sèche, calamars, poulpes, pizzas, pasta… un large choix pour combler toutes les envies. Igalo est également très réputée notamment auprès de la clientèle scandinave pour ses eaux thermales et ses boues thérapeutiques. Le Maréchal Tito lui-même y séjournait l’été.

Depuis Igalo nous avons ensuite pris la route pour Perast en faisant étape à Herceg Novi, ville stratégique à l’entrée des bouches de Kotor, afin de visiter la vieille ville (stari grad), qui a conservé quelques pans de la citadelle et la forteresse Forte Mare. Un enchantement pour les yeux, un dédale de ruelles, de petites places à l’architecture toute vénitienne où l’on sent la patte de chaque envahisseur qu’il soit byzantin, autrichien ou espagnol. 

Arrivés à Perast, nous séjournons dans un splendide boutique hôtel tout juste ouvert. Sacha, le (magnifique) propriétaire, nous accueille au Monte Bay Retreat 4* que je qualifierais plutôt de maison d’hôtes de luxe. Tout est raffiné de la décoration de la chambre à la piscine à débordement avec vue sur le front de mer. Un lieu idéal pour un séjour en amoureux.

 Nous choisissons d’aller dîner ce soir là à Dobrota, « village-rue » à quelques kilomètres de Perast, où il est très agréable de se restaurer en bord de mer le soir et se baigner la journée.

Au réveil la vue est magnifique. Les toits de Perast défilent sous nos yeux et au loin, émergées de l’Adriatique, les deux îles qui hébergent l’église Notre Dame et le Monastère Saint Georges se dressent fièrement.

Perast a longtemps été la rivale de Kotor. Il faut s’y promener pour observer les plus belles façades des palais. Certaines sont en ruines mais l’ensemble est exceptionnel. Musées, églises, bars, restaurants se succèdent sur le front de mer. Il est même recommandé de se munir de son maillot pour pouvoir se jeter à l’eau quand bon vous semble. Un des atouts de cette ville magique. Un véritable coup de cœur pour Perast et pour le Monte Bay de Sacha.

De Perast nous prenons la route pour Kotor. Les Bouches de Kotor sont bien évidemment l’attraction touristique à ne pas manquer et il est vrai qu’on en prend plein les yeux.

Ville nichée entre l’Adriatique et une paroi rocheuse vertigineuse, Kotor est entourée de plus de quatre kilomètres de fortifications et abrite de nombreux palais de style vénitien. Il faut donc entrer dans la vieille ville et partir à la découverte de ce joyau. Placettes, ruelles, églises, musées…splendide, un voyage dans le temps où il est bon de flâner.

20160819_135618Le « must » de cette découverte si on est bien chaussé et plein de courage est de monter à la forteresse Saint Jean. Il nous aura fallu gravir 1350 marches (en claquettes pour ma part !) pour accéder à la forteresse bien accrochée à sa paroi rocheuse. Arrivés là-haut on en oublierait presque les jambes qui flagellent et le soleil de midi qui assomme. La vue est splendide. Les Bouches de Kotor et la vieille ville s’offrent à nos yeux éblouis. Un véritable paysage de carte postale. Un panorama que je n’oublierai jamais. La descente vers la ville de Kotor est un jeu d’enfants après l’interminable ascension. 

Une pizza et une glace plus tard dans la vieille ville, nous reprenons la route pour nous rendre à Zabljak, au cœur du Massif du Durmitor, parc national classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le Parc du Durmitor offre plus de 50 sommets de plus de 2000 mètres, des glaciers, des lacs d’altitude et de vertigineux canyons.

 Zabljak est l’une des villes les plus hautes de Balkans située à plus de 1450 mètres d’altitude. C’est la principale station de ski du Monténégro et en été le point de départ pour de nombreuses randonnées. En terme d’hébergement je conseille l’hôtel SO A 4* certes  au tarif un peu élevé pour la destination mais au confort moderne et bien situé entre le centre ville et le Lac Noir. Pour ce qui est de la restauration nous avons littéralement craqué pour le Lupo d’Argento au cœur de la station, design moderne, ambiance musicale 80’s, qualité des plats et tarifs plus qu’abordables.

Le Lac Noir (accès payant 2 euros) se trouve à quelques minutes à pied du centre de la station. Idéal pour une promenade d’une heure, pour se baigner quand le temps le permet ou partir en randonnée. Le Lac Noir étonne par sa profondeur incroyable… près de 50 mètres.

La deuxième excursion à faire depuis Zabljak est le canyon de la Tara qui représente pour certains voyageurs le but ultime de leur périple. Le Canyon de la Tara et ses dimensions époustouflantes sont classés deuxième plus grand canyon du monde après celui du Colorado. Un parcours de 145 kilomètres, des gorges de 83 kilomètres d’une profondeur atteignant à certains endroit 1300 mètres. On peut découvrir le canyon en canoë, en rafting ou pourquoi pas en tyrolienne. Il faut également traverser le Pont de Djurdjevica Tara long de 365 mètres et haut de 144 mètres. La vue est magnifique, il ne faut juste pas être sensible au vertige. Notez quand même que même en été il faut prévoir des vêtements bien chauds pour le séjour en montagnes. On peut passer facilement de 30 degrés à Kotor à 10 degrés et de la pluie dans les sommets. C’est assez saisissant.

Quitter Zabljak pour Kolasin permet de remonter la Tara et de profiter de points de vue exceptionnels sur les gorges. Même si Kolasin se trouve à moins de cent kilomètres de Zabljak, le trajet en montagnes prend plus de deux heures. Il faut s’armer de courage et de vigilance car le Monténégrin a un conduite assez inédite. Il roule au milieu de la route, autant dire qu’en montagne, cela laisse peu d’espace pour passer ! Kolasin est la deuxième attraction hivernale du pays et est idéalement située à quinze minutes du Parc National de Biogradska Gora.

Le Logement à l’hôtel Bianca 4* est quasiment incontournable, c’est l’hôtel de référence de la station. Il est effectivement superbe à l’intérieur. Les chambres sont confortables (demandez une vue parc), le bar est agréable, le buffet bien fourni et de qualité mais le must de l’établissement reste le SPA et sa piscine olympique. Bains turcs, sauna, piscine, le SPA de l’hôtel est très bien équipé, un des plus beaux que j’ai pu voir au cours de mes voyages à l’Est.

La station de Kolasin en été n’est franchement pas fantastique mais à quinze minutes de voiture on peut partir fouler une petite partie du Parc de Biogradska Gora (2 euros par personne), un immanquable de la destination. Ses deux atouts majeurs sont le lac de Biogradsko, ses panoramas intemporels et la forêt primaire qui recouvre les deux tiers du Parc. On y trouve également les derniers ormes d’Europe. On peut se contenter de faire le tour du lac en une heure à un bon rythme ou continuer par une randonnée vers un des sommets. Cela prend deux heures supplémentaires mais la vue est splendide, la montée sportive et on se sent coupé du reste du monde. On peut se restaurer en haut chez une petite mamie qui sert volontiers du lait et du fromage. C’est l’étape nature de notre voyage au Monténégro. Le lieu où on se sent tout petit et où l’on peut découvrir une nature endémique préservée depuis des millénaires. 

Kolasin marque la fin de notre autotour à travers le Monténégro. Cette première semaine nous a conquis. Des paysages à couper le souffle, une architecture digne des plus beaux décors de films, un temps magnifique, une nature préservée et sauvage… Une révélation, un enchantement !

Nous avons ensuite posé nos valises pour une semaine à Przno à cinq minutes de Budva pour profiter du soleil, de la mer et faire encore quelques visites et balades.

 

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