
Pour mon retour à l’écriture j’ai eu envie de me pencher sur un syndrome que la majorité d’entre nous a connu au moins une fois dans sa vie : Le syndrome du cœur brisé ou « tako tsubo ».
L’ayant expérimenté à titre personnel et étant la confidente de nombreuses personnes en souffrance en ce moment, je me suis intéressée plus en détails à ce phénomène et à ce qu’il provoque réellement sur notre corps et notre esprit.
Le cœur brisé est-il juste une image ou la réalité de ce qu’il se passe dans notre corps ?
Si l’on en croit une étude japonaise de 1991, le sens figuré du cœur brisé rejoint la réalité. En vérité « cœur serré » serait encore plus adapté mais moins poétique. Alors que veut dire littéralement « tako tsubo » comme les japonais nomment ce syndrome ? Ce nom signifie « piège à poulpe » ! Etrange me direz-vous et pas très romantique pour une si grande souffrance. Un piège à poulpe ressemble à une sorte d’amphore, forme que prend le ventricule gauche de notre cœur lors d’un fort choc émotionnel.

Plus concrètement lors d’une situation soudaine et subie, comme une séparation ou la mort d’un proche, le cœur se serre. Cela provoque une arythmie cardiaque qui peut dans certains cas aller jusqu’à bloquer la respiration. Ce sentiment que tout notre être vient de prendre un bus de face à pleine vitesse… Le cœur subit un burn out.
Les hormones de stress paralysent alors le cœur qui prend cette forme d’amphore et le cœur ne pompe plus normalement. On est alors dans un état d’anxiété extrême qui peut mener à la perte de connaissance. A l’échographie le cœur semble avoir été poignardé à maintes reprises et reprendra sa forme normale au plus tôt deux semaine après le choc. Si dans 90% des cas il n’y a pas de séquelles (heureusement sinon j’aurais déjà passé l’arme à gauche) un cœur brisé peut déclencher une myocardite, l’inflammation du muscle externe du cœur.

Pour ma part ce sont deux semaines durant lesquelles je reprends la cigarette – que je n’ai jamais vraiment commencée – et où mon meilleur ami s’appelle donormyl ! Au bout de trois semaines je suis capable de me dire que la clope ça pue et qu’au final à part le sport et une bonne chasse à la souris avec mon binôme de crimes, je n’ai besoin de rien pour dormir !
L’incidence est différente selon l’âge et le sexe. Les personnes les plus durement touchées par ce syndrome sont les femmes de plus de 50 ans, ménopausées puisqu’elles n’ont quasi plus d’œstrogènes et le dérèglement hormonal accentue les symptômes.
Dans le pire des cas le TTS peut mener la personne à se laisser dépérir ou « mourir d’amour ou de chagrin ». Ces mots sont forts mais très réalistes par rapport au ressenti des plus sensibles d’entre nous.

On sous-estime souvent le mal et les dégâts physiques ou psychiques provoqués par une peine de cœur qu’elle soit amoureuse, amicale ou familiale. On se dit toujours il/elle s’en remettra. Mais s’en remet-on vraiment ? Quand on a senti son cœur se serrer, ce sentiment qu’il va s’arrêter de battre et sortir de sa cage tant on a mal, la respiration qui se coupe tant le choc est violent tel un coup de poing dans le ventre… Sort-on vraiment indemne de cela ? Pour ma part je ne le crois pas. Les coups de couteau disparaissent à l’échographie mais les petites cicatrices restent et le cœur est fragilisé au sens propre comme au sens figuré.
Il est alors temps de se prendre en main. Si le cas est grave avec un traitement médical adapté. Si l’impact est plus psychique les remèdes à cela sont divers et variés… sport, amis, sorties, lecture, écriture… On évite l’alcool ! Noyer son malheur dans le mojito n’a jamais permis de remonter la pente, bien au contraire. Ecrire à la personne qui nous a blessé sans même envoyer la lettre/mail soulage déjà énormément.
Quelques conseils si le Tako Tsubo fait suite à une rupture :
1/ Accepter d’être mal le temps que le cœur reprenne sa forme initiale, en moyenne deux semaines. Ouvrez les vannes, pleurer soulage et permet d’évacuer. Si vous ne savez pas pleurer, regardez la mort du chien de Meredith dans Grey’s anatomy, ça marche toujours.
2/ Prendre son temps pour se remettre « en couple », dans une relation durable. Dans un premier temps plutôt s’amuser que se caser. La relation d’après (pansement) aura peu de chances de durer car construite sur de mauvaises bases au mauvais moment. C’est là que l’on risque de faire du mal à notre tour.
On a souvent l’impression qu’il faut agir vite, que ce soit pour récupérer l’objet de sa tristesse ou pour se recaser… C’est faux ! Il faut prendre du recul, retrouver ses esprits, son objectivité avant d’agir. Cela permettra de ne pas faire les mauvais choix comme harceler l’être perdu ou se jeter sur le premier venu qui pour sûr sera un tordu qui aura senti LA faille en vous !
3/ Se faire aider ! Il n’y a pas de honte à avoir le cœur brisé ! Alors que ce soit un ami, un kinésiologue, un psy, un parent… ouvrez votre cœur ! La bienveillance existe et guérit de nombreux maux.
4/ N’oubliez pas que la personne la plus importante de votre vie… C’est vous ! Alors aimez-vous, respectez-vous… Ne soyez l’amoureux éconduit qui se ridiculise. Au mieux la personne en face aura de la peine pour vous, au pire elle trouvera ça pathétique et perdra même le respect ou les quelques derniers sentiments qui lui restent. L’ignorance et la distance sont pires… C’est là que l’autre se sent abandonné à son tour et se posera potentiellement des questions… Créer le manque. Les paroles de Crying in the rain de A-ha traduisent pour moi le comportement qu’il faudrait adopter dans ce mauvais moment à passer.

Conseil à celui qui veut aider :
1/ Par pitié… Evitez les « ce n’était pas le bon (ou la bonne) », les « rien n’arrive par hasard » ou encore « il/elle ne te méritait pas » … tous ces lieux-communs du désespoir qui ne servent à rien ! A ce stade de la tristesse… On s’en fout et ça énerve plus qu’autre chose. Soyez à l’écoute même si la personne est en boucle… Plus elle va parler plus elle va comprendre. Il faut juste appuyer là où il y a des questions à se poser… Bon il ne faut pas que ça dure 6 mois non plus ! Au bout d’un moment un bon coup de pied aux fesses, il faut avancer. Mais comme dit Johnny « j’aimais cette blessure, c’était toi encore ».
2/ Rappeler que quelqu’un qui part quitte pour lui-même et pas pour protéger son partenaire ou parce l’autre est trop bien ! Balivernes, excuse pourrie pour fuir en grand prince/sse.
Conseil à celui ou celle qui a décidé de partir :
Si vous quittez quelqu’un de bien par manque de sentiments ou parce que vous êtes vous-même au fond du trou… Rien n’empêche la bienveillance envers celui ou celle que l’on laisse. Inutile de faire encore plus mal qu’un cœur qui se brise en brisant aussi la self-estime. La franchise, l’honnêteté et l’humanité sont de rigueur. Une explication claire et rapide vaut mieux que le silence ou l’ignorance. Cela permet à l’autre de se reconstruire et de comprendre avec le temps. N’oubliez pas qu’on paie toujours le mal qu’on fait aux autres. Le Karma veille et ça je l’ai vraiment constaté à titre de cœur brisé et de briseuse de cœurs !
Par contre si vous êtes quitté par une personne malveillante, n’hésitez pas à récurer la cuvette des toilettes avec sa brosse à dents avant de lui rendre ses affaires ! J’ai testé… Ça fait un bien !!!!
Pour celui qui a déjà brisé un cœur :
Il n’est jamais trop tard pour demander pardon ! Ça soulage celui qui a souffert car sa peine est enfin reconnue, cela peut l’aider à tourner la page définitivement des mois ou des années plus tard… Et pour celui qui demande pardon, c’est une preuve d’intelligence et de bonté d’âme.
Je profite de cet article pour remercier Annelore mon binôme qui m’a récupérée à la petite cuillère, Lolo qui m’a fait ses petits plats bons pour le moral, Nadège pour sa bienveillance et son long travail sur mon cas, Benjamin pour ses nombreux appels et sa gentillesse, Prisc qui m’a secouée et conseillée, Fabien qui m’a encore écoutée déprimer, Nathalie et son soutien quotidien, Breth et sa sagesse, Poupou à chacun son tour 😉, Julian qui m’apporte tant de légèreté, mon Kinesio Arnaud Jalet… merci je suis à nouveau debout et sereine grâce à vous 😊 Je n’oublie pas mon crapaud car l’amour d’un animal est inconditionnel et ça fait toujours chaud à un cœur blessé.
Je suis heureuse aujourd’hui de pouvoir aider et écouter ceux qui en ont besoin. J’espère donner au moins autant que j’ai reçu 😊

