Petit traité de l’Effet Papillon

On appelle « effet papillon » le phénomène suivant lequel un évènement minime et lointain peut provoquer une importante conséquence indirecte et insoupçonnée. Autrement dit chaque action, même la plus banale aurait une influence sur le long terme.

J’ai longuement hésité pour le titre de ce nouvel article entre « le petit traité de l’effet papillon » et « le petit traité de la famille ».

Comme l’un mène à l’autre ou l’autre mène à l’un ici, je choisis l’effet papillon car ce petit insecte est symbole de transformation. En effet la chenille va s’enfermer un long moment dans son cocon et n’en ressortira que sous un nouveau jour, prête à s’envoler. C’est un peu moi en 2022 !!!

N’ayons pas peur des mots, j’ai passé une année moralement super pourrie, très éprouvante. Perte de l’être aimé dès février, mes très proches qui trouvent chaussures à leurs pieds… Une impression d’être de trop, d’errer comme une âme en peine, de subir la vie sans la vivre. Si pourtant tout était positif dans ma vie, nouveau boulot, achat de maison, superbes voyages… Je me suis sentie très très seule, bien qu’entourée malgré tout. Un sentiment de vide intersidérale assez horrible au quotidien. Des idées noires à ne plus savoir comment les blanchir.

En ce mois de novembre le bilan de l’année se précise. J’ai activé certains leviers ces dernières semaines, je me suis prise en mains, j’ai réfléchi, analysé, agi et les choses comme par magie ont évolué.

Si je remonte le fil, tout a commencé en avril en vacances avec ma copine Priscillia. A peine arrivée en Guadeloupe et assise sur notre terrasse, je m’effondre en larmes (trop émue par le chant des oiseaux visiblement !). Sympa pour commencer les vacances. Tous nos échanges lors de ces 10 jours au soleil ont mené Prisc à me conseiller – entre autres- un groupe facebook, « les empathes ». Des gens comme moi hypersensibles qui ont forcément les émotions à fleur de peau. Pas facile à gérer au quotidien mais lire leurs ressentis et échanger avec ces personnes m’a beaucoup aidée. J’ai pu mettre des mots sur mes maux, comprendre que je ne suis pas chiante (enfin pas toujours) mais juste super émotive. Chose que je vivais mal car signe de faiblesse pour moi et la faiblesse n’est pas pour moi.

Bref, le plus beau dans cette expérience c’est que j’ai littéralement rencontré mon petit cousin dans ce groupe. Un petit Demoux que je ne connaissais pas, fils de mon cousin germain. Nous nous sommes mis à discuter tous les deux, à ouvrir nos cœurs et nos âmes sensibles sans avoir peur du jugement de l’autre. Et ça, c’est plus que précieux, plus de rôle à jouer, juste parler.

De cette rencontre virtuelle s’est bien évidemment profilée une rencontre dans la vraie vie. Je me suis donc lancée avec ma cousine dans l’organisation de retrouvailles familiales entre 3 générations. Succès puisque nous étions près de 30 à Lyon ce week-end.

J’en viens à cette histoire parce que je suis issue d’une famille paternelle assez dense. Mes grands-parents ont eu 8 enfants, qui ont eu 15 petits-enfants, qui ont eu… bref nous sommes nombreux. Malheureusement j’ai grandi loin de cette famille lyonnaise. Parents divorcés, père aux abonnés absents pour être polie et ma mère et moi à Paris. Au fond de moi je me suis toujours sentie à part, abandonnée par les miens. Je pense que cela a fait partie de mes croyances d’enfance, de ce qu’on m’a mis dans la tête. Comme si je n’avais pas ma place, pas de légitimité dans cette famille. Tout cela participe au mal-être d’adulte au final. Ce qu’on a vécu, ressenti enfant, ce qu’un parent a pu dire, faire, nous mettre dans le crâne… l’incidence est énorme sur le futur adulte en construction, sur sa vie, sa relation aux autres. L’enfant est souvent une monnaie d’échange dans une séparation, un chantage, mais malheureusement c’est lui qui paiera la note plus tard. Dans mon cas la vie fait bien les choses puisqu’à 43 ans je porte toujours mon nom de famille pour me rappeler d’où je viens.

Je pense que rien n’arrive par hasard dans la vie. Les rencontres, les joies, les peines. Je me dis que tout ce que j’ai traversé cette année, beaucoup lié à l’abandon, m’a menée à ce retour aux sources. Si je ne m’étais pas retrouvée seule, si je n’avais pas changé de boulot, si je n’étais pas partie avec Prisc… Je n’aurais pas trouvé mon petit cousin sur ma route, je n’aurais pas contacté ma famille, enfin pas maintenant, et ce sentiment de profonde solitude aurait continué à me ronger, à me faire réagir parfois de façon étrange, démesurée ou agressive avec les gens. Une blessure d’abandon, de rejet, restée ouverte.

Ce week-end a permis au papillon de sortir de son cocon, de cet enfermement dans lequel je me suis retrouvée en février. Aujourd’hui je sens que j’appartiens à un clan et qu’il y a beaucoup de bienveillance envers moi. Je ne suis pas nostalgique du temps perdu. Je vois l’après et pour la première fois en 43 ans, je vais fêter Noël dans MA famille (les Zmuda j’ai été ravie que vous m’adoptiez pendant près de 20 ans, merci 😊). Pour moi qui me considérais comme « Rémi sans famille » et qui déprimait du 1er au 26 décembre, aujourd’hui je suis apaisée.

Cela va me permettre de me détacher de certaines personnes à qui j’accorde trop d’importance et à m’ouvrir à d’autres qui en méritent bien plus. Parce que la blessure d’abandon mène à ce type de comportement, la dépendance affective et souvent auprès de mauvaises personnes.

En conclusion je veux dire que rien n’arrive par hasard. Il faut être attentif aux signes qu’on nous envoie dans la vie. Il y a toujours la lumière au bout du tunnel, il faut juste savoir la suivre et faire en sorte qu’elle continue à briller. Chaque jour on apprend sur soi, chaque expérience de vie quelle qu’elle soit nous aide à avancer et amène du positif si on sait l’accepter et la comprendre. Il faut juste être à l’écoute de soi, de ses besoins et surtout comprendre la racine de ce qui nous touche et nous fait mal. Être résilient.

Jonathan ceci est en grande partie pour toi 😊

Comme à chaque fin d’article, un petit merci au passage à Prisc sans qui cette belle aventure n’aurait pas eu lieu, à toi Nadège car tu as été ma lumière pendant ces mois sombres, à toi aussi Chef David parce que nos échanges depuis cet été sont parfois lunaires mais souvent instructifs (je ne parle pas de gratin !)

Si ce texte fait écho chez vous, je vous conseille 2 livres, « les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même » et « la guérison des 5 blessures »

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