Petit Traité du Burn out !

Ou syndrome de l’épuisement professionnel !

Comme à chaque fois que je passe une étape compliquée, j’aime partager mon expérience afin d’aider ceux qui souffrent en silence et s’enfoncent petit à petit.

Pour illustrer mon texte je vais partir de 2 photos prises à plus ou moins un an d’intervalle… Ma question étant « comment ai-je pu passer de cette femme souriante et épanouie à ce visage fermé et marqué respirant la blasitude ? » Je remercie d’ailleurs Anaïs pour cette magnifique photo prise en stage de Yoga !

Il y a un mois je reprenais la route d’une énième semaine de déplacement et j’étais vraiment au bout du bout. Je vous passe les détails de mon état physique et moral ! Je prends alors la décision d’aller chez mon médecin le vendredi soir en rentrant. A peine assise face au Dr. Moustache (c’est pas son vrai nom mais il a des moustaches !), je fonds en larmes, lui détaille ce qui me pèse et qui ne va pas, mon rythme entre vie pro et vie perso voire la vie pro qui prend totalement le pas sur ma vie perso… Ni une ni deux, il m’arrête 3 semaines pour « burn out », ce qu’il qualifie de « cancer du travailleur ». Premier arrêt en 23 ans de boulot ! Je n’ai pas cherché à comprendre, j’ai pris le papier et je suis rentrée me terrer chez moi. J’ai tout de même moyennement assumé et j’ai mis 24 heures avant d’oser l’envoyer à mon entreprise.

J’ai ensuite fait quelques recherches sur le burn out car avant que ça me tombe dessus, comme beaucoup, je voyais ça comme une petite dépression de gens faibles qui ne savent pas s’organiser ou qui se laissent bouffer. C’est là que je me rends compte que je juge trop durement.

En quelques lignes voici les symptômes du burn out !

  • une démotivation, une dévalorisation et un sentiment de ne plus être efficace ou compétent par rapport au travail
  • une fatigue morale et physique permanente et intense
  • des troubles et douleurs physiques divers, comme des maux de tête, des troubles du sommeil, des maux de dos, des tensions musculaires, des palpitations cardiaques, une augmentation de la tension artérielle, des problèmes digestifs
  • des sentiments négatifs ou cyniques liés au travail et à tout ce qui nous touche de près ou de loin

En gros je cochais toutes les cases.

Depuis des semaines j’étais hyper agressive et susceptible avec les gens de mon entourage, un petit grain de sable dans mon organisation prenait des proportions énormes, je passais mes week-ends à dormir ou à pleurer de nerfs, je n’arrivais quasi plus à aller faire du sport, j’avais des douleurs lombaires d’un autre monde, ma vue qui se troublait de plus en plus… bref le corps et les nerfs qui lâchaient. Je n’étais plus moi-même. J’étais une version aigrie et blasée qui ne trouvait plus aucun attrait à sa vie quotidienne !

Quand ces trois semaines d’arrêt se sont présentées, j’ai décidé de les mettre à profit plutôt que de ruminer.

La première semaine j’ai dormi ! La nuit, le jour je dormais. J’ai également repris le sport et les travaux entrainée par Lolo.  

La deuxième semaine j’ai fait le bilan. J’ai pesé le pour et le contre de diverses situations et j’ai pris des décisions. Hors de question de subir ma vie. Nous avons trop peu de temps sur terre, si c’est pour être malheureux ce n’est pas possible à mon sens.

  • Le boulot : trop de déplacements, à 44 ans je n’ai plus envie de passer ma vie sur la route, à découcher, j’aspire à autre chose. J’ai donc réfléchi et avancé sur l’après. Je me suis également rendue compte que je me suis énormément mis la pression seule et qu’on ne m’en demandait pas tant. Du coup j’ai éclaté mes objectifs !!! Il faut bien voir le positif.
  • Ma maison en travaux : un boulet depuis plus d’un an, des travaux qui n’en finissent pas, un gouffre financier. Je me suis mis un coup de pied aux fesses (ou de truelle au choix) et au portefeuilles et j’ai plus avancé en 3 semaines qu’en 6 mois ! C’est pas en me lamentant que les murs allaient se réparer et se peindre !
Chalifert, juillet 2023
  • La vie sentimentale : être avec quelqu’un qui ne me convient pas et qui ne me rend pas heureuse est une perte de temps et d’énergie. Je suis suffisamment bien en tête à tête avec moi-même pour ne pas rester avec un homme qui m’apporte plus de stress et de mal-être qu’autre chose. J’ai donc commencé par-là, quitter mon mec. Le célibat ne m’a jamais fait peur. Je me trouve plutôt drôle et je ris à mes blagues ! C’est une bonne cohabitation ! Je ne m’ennuie jamais.
  • La vie amicale : Je me suis éloignée des vampires énergétiques, ceux qui vous parlent des heures de leurs soucis, se plaignent sans s’intéresser aux vôtres. J’évite aussi ceux qui viennent vers moi que quand ils sont en guerre avec leur mec ou nana, à coup sûr ils disparaissent quand ça s’arrange. Je suis sympa mais pas psy ou alors faudra me payer pour les prochains conseils matrimoniaux. J’ai aussi fait le deuil d’amitiés en acceptant que certaines personnes ne sont dans ma vie que pour un moment afin de nous faire grandir et évoluer avant de repartir. Il ne faut pas les regretter, ces personnes laissent leur place à d’autres plus sincères et vraies. La nature a horreur du vide.
  • La vie sociale : Etant toujours en déplacement je devais caser mes amis, mon sport et mes sorties dans un planning en gruyère. J’ai donc commencé par reprendre le sport en salle, en extérieur, fitness, yoga, aquagym, roller. J’ai beaucoup baladé Mia, la nature, le silence… C’est le meilleur anti-dépresseur. Quand je me suis sentie mieux j’ai également repris ma vie sociale avec mes amis.

La troisième semaine j’ai pris mon bilan en main 😊 J’ai avancé et pris les décisions qui s’imposaient à moi. Certaines sont encore confidentielles mais en tout cas aujourd’hui j’ai l’impression de respirer à nouveau, de profiter et de mener MA vie ! Je fais ce qui me plait, je prends à nouveau du temps pour moi, pour mes proches. Je suis également allée voir un kinésiologue afin de retrouver confiance en moi. Passage obligatoire à chaque petit coup de moins bien.

Je me dis que j’ai eu de la chance. C’est mon ami d’enfance à l’Ascension qui a tiré la sonnette d’alarme quant à mon comportement. Merci Oliv, peu de gens osent me dire mes 4 vérités ! Cela m’a permis par la suite de me rendre compte qu’effectivement je n’étais plus moi-même. Quelques copines m’ont également fait comprendre que je devais me détendre un peu (Natacha la Méchante) ! Une prise de tête avec une voisine m’a aussi fait réaliser que je filais un mauvais coton ! :-/. Je me dis que pour des personnes seules il est très facile de sombrer et d’être encore plus isolé. Ne voulant pas finir comme Tatie Danielle, j’avais intérêt à me bouger.

Si j’ai un conseil à donner à ceux ou celles qui ont l’impression de subir, d’être dans une espèce de petite mort :

« Pour obtenir ce qui vous convient, il faut avoir le courage de quitter ce qui ne vous va pas ».

C’est le point de départ du premier jour du reste de sa vie 😊. Faites une liste de ce qui va et ne va pas. Quand ça nous saute aux yeux parfois c’est le début du déclic.

Alors comme à chaque fois que je finis un article, je remercie ceux qui m’ont aidée à avancer et qui sont de près ou de loin liés à ma sortie de tunnel. Ma tante Odile qui se substitue à ma mère absente de ma vie depuis bientôt 3 ans (quand je dis que la nature a horreur du vide), merci à toi de prendre soin de ta nièce parisienne et de me faire des blagues improbables, Lolo et Lionel comme toujours présents à mes côtés, Pierre et Pascal mes coaches et conseillers, Renaud pour nos échanges d’expériences, Nadège, Nadia, Anaïs pour votre écoute, la dream team aqualoft pour les bons moments passés ensemble, Nathalie qui n’a pas le choix que de subir mes humeurs puisqu’on habite à côté ! Merci à Titi Maillet aussi qui m’a permis de finir ces 3 semaines de break en beauté face à Axl, Duff et Slash ! Tout une symbolique !

Prenez soin de vous, soyeux heureux, on n’a qu’une vie, autant la vivre à fond !

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