
Chers lecteurs,
Me voici de retour avec un sujet qui me tient à cœur : La lutte contre la maltraitance animale et comment éveiller la conscience de chacun face à cela.
C’est en scrollant sur facebook que j’ai contacté Shirley qui préside avec toute son âme et son courage (et il en faut !) l’association « Avenir Animal ».
De simples échanges fin juin, je me suis retrouvée un lundi soir de juillet à récupérer deux petites chiennes de 2 mois, Xena et Coco, sorties d’un élevage clandestin du Nord. Je vous passe les détails, pour l’instant, de l’état de ces deux malheureuses. Leur histoire est celles de tant d’autres petits innocents dans notre pays.
J’ai donc eu envie de me remettre à l’écriture et d’interviewer Shirley pour une fois encore tenter de sensibiliser à cette cause.
L’association Avenir Animal que Shirley préside représente 300 à 400 sauvetages par an dont une cinquantaine de chiens. Ce sont pas moins de 60 familles d’accueil qui aident l’association en accueillant les chats et les chiens au quotidien.
Chaque mois c’est en moyenne 3000 euros de frais vétérinaires voire plus quand l’asso récupère des cas extrêmes, malades voire mourants comme la petite Xena que j’ai accueillie en juillet.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de créer cette association et quelle est son histoire ?
La création de cette association est partie de discussions entre copines en promenades de chiens. Nous avions envie d’apporter notre pierre à l’édifice de la défense des animaux et en 2023 je me suis lancée seule dans l’aventure. J’ai ensuite rencontré Emmanuelle, notre trésorière, lors d’un heureux hasard puis Coline notre secrétaire générale. Le fil conducteur de cette aventure est bien évidemment l’amour des animaux. Il faut être conscient que cela nous prend tout notre temps libre.
Quels sont les cas de maltraitance que vous rencontrez le plus souvent aujourd’hui ? Avez-vous constaté une évolution ces dernières années ?
Il y a une réelle différence entre la maltraitance des chats et des chiens.
Chez le chat ce sera plus de la négligence, manque d’alimentation, manque de soin.
Chez le chien c’est vraiment de l’extrême maltraitance voire de la torture, un déchainement de haine et de violence. On constate vraiment la noirceur de l’âme humaine. Chiens qu’on laisse mourir sans soins, sans nourriture, sans eau, dans ses propres excréments, rongés par des vers… L’horreur dans ce qu’il y a de pire.
L’évolution est malheureusement négative. On découvre toujours pire que ce qu’on pensait déjà être le summum de la maltraitance et de l’ignominie.
Ci-dessous Marla, le jour de son sauvetage, sa maitresse toxicomane l’avait tout bonnement oubliée, puis six mois plus tard, sereine dans sa nouvelle vie.


Pouvez-vous nous raconter un sauvetage qui vous a particulièrement marqué avec une belle fin ?
J’ai envie de parler de celui que nous venons de faire, celui d’Athéna et de ses huit petits. On nous a fait un signalement à Sarcelles pour une chienne de 4 ans qui enchaînait les grossesses. Chiots staff vendus sous le manteau avec un avenir incertain et pour la plupart dans la violence et la maltraitance. Nous avons réussi à récupérer la maman et les petits de deux mois. Ils sont tous sains et saufs et adoptés dans les jours à venir. Nous veillons à la sélection des familles et faisons un suivi sérieux quand nos petits protégés sont adoptés.
Athéna le jour de son sauvetage, puis un mois après, nourrie de poulet, de croquettes de qualité, promenée et entourée d’amour


Shirley avec Athéna et quelques un de ses petits

Quels sont les plus grands défis auxquels votre association est confrontée au quotidien : financiers, humains, administratifs ou judiciaires ?
Le plus grand défi est évidemment financier, bonne gestion, coordination entre associations, alimentation saine et de qualité.
Nous recevons quelques dons mais c’est surtout grâce aux frais d’adoption (250 euros en moyenne), ainsi qu’aux collectes alimentaires que nous survivons et que nous pouvons continuer notre travail.

Que deviennent les animaux après leur prise en charge ? Comment se déroulent leur rééducation et leur adoption ?
Dans la majorité des cas, les animaux sauvés sont pris en charge par une famille d’accueil à leur arrivée puis selon l’âge et l’état de l’animal nous lançons l’adoption. Les potentiels adoptants doivent remplir un contrat qui les engage entre autres à stériliser l’animal. Nous suivons cela de près et nous nous donnons le droit de reprendre l’animal si ce contrat n’est pas respecté.


Quelles sont, selon vous, les idées reçues les plus fréquentes concernant les refuges et les associations de protection animale ?
Concernant les refuges on pense souvent à euthanasie alors que ce n’est pas le cas.
Pour les associations de protection animale on pense mauvaise gestion, business… C’est certainement pour cela que nous avons plus de dons de nourriture que de dons financiers.
Comment chacun d’entre nous peut-il aider concrètement, même sans adopter un animal ?
Sans adopter c’est en nous donnant de la visibilité, en partageant nos publications, nos actions pour montrer le sérieux de notre association. Dénoncer encore et toujours les cas de maltraitance.
C’est également évidemment en nous faisant des dons, alèses pour les chiots, nourriture…
Voici Nina, restée aux côtés de son maître drogué, décédé, récupérée par la famille et laissée à son propre sort. Une dénonciation lui a sauvé la vie.


Quel message aimeriez-vous faire passer aux personnes qui envisagent d’adopter un chien ou un chat ?
Le message que je souhaite faire passer c’est vraiment la réalité de la vie avec un compagnon à quatre pattes. On s’engage pour 20 ans avec un chat et 15 ans avec un chien. C’est long. C’est du temps, de l’argent, des contraintes. Un animal est un être vivant, il a besoin d’attention, de partage et d’amour. Un animal n’est pas fait pour attendre 10 heures seul à la maison, il ne s’éduque pas tout seul non plus !
Il faut impérativement les identifier, les vacciner sinon on les condamne à la maladie, à la fourrière c’est à dire à l’euthanasie.
Selon vous, que faudrait-il changer en priorité en France pour lutter plus efficacement contre la maltraitance animale ?
Il faut stériliser nos animaux, donner de vraies sanctions en cas de maltraitance. Il faut impérativement un fichier des personnes ayant été condamnés pour violence. Les peines en France sont ridicules et n’interdisent pas à ces personnes de reprendre des animaux et de recommencer. De nombreux pays d’Europe comme l’Italie, La Pologne, la Suède sanctionnent lourdement la maltraitance, l’abandon des animaux. Il est temps d’agir ici !
Voici Lacky, littéralement mangé par des vers, et le voici aujourd’hui !


Si vous pouviez demander une seule chose aux lecteurs de mon blog, quelle serait-elle ?
Faites nous un don, un lègue, nous sommes reconnus d’intérêt général donc déductible des impôts pour nous aider à grandir ! Partagez et surtout signalez ! Celui qui est témoin et ne signale pas aux associations, aux forces de l’ordre est aussi coupable que le propriétaire violent.
Quel animal vous a le plus bouleversés depuis la création de l’association, et pourquoi ?
Athéna car nous l’avons sauvée et gardée deux mois avec ses petits auprès de nous.

Après avoir été confrontés à autant de souffrance, qu’est-ce qui vous donne encore l’énergie de continuer ?
Le bonheur de voir ceux que nous avons sauvés dans leur nouvelle vie. Un peu de joie dans un monde de tristesse et de souffrance animale.
Pour bien finir l’interview de Shirley, cette photo du sourire de Yukee, abandonné sur le bord de la route qui est en passe de trouver sa famille pour la vie.

Le témoignage de la rédactrice
Pour ma part je m’estime chanceuse d’avoir croisé Shirley sur les réseaux sociaux et d’avoir rencontré Danielle et Anthony qui œuvrent au quotidien à ses côtés pour sauver ceux qui n’ont pas de voix.
J’ai commencé le bénévolat en 2009 à la SPA, de Poitiers j’ai rencontré plusieurs responsables d’associations, de refuges et j’ai souvent été déçue par leurs comportement, réactions face aux bénévoles, aux potentiels adoptants voire même face aux personnes en détresse qui venaient déposer les affaires de leur compagnon récemment disparu. On les recevait avec dédain, impatience et sans aucune empathie.
Ce que j’ai remarqué en rencontrant Shirley c’est sa douceur, sa bienveillance et son amour profond pour les animaux. Elle n’a pas créé son association pour sa gloire personnelle ou pour se mettre en avant, elle est vraiment là pour sauver des animaux, c’est sa mission. C’est une action qui lui prend tout son temps libre à côté d’une vie professionnelle brillante et bien remplie.
Nous avons échangé de nombreuses fois depuis juillet, nous nous sommes vues et je dois avouer que je suis plus qu’admirative de ce qu’elle fait, de son engagement, de son courage et de sa pugnacité. Je précise qu’il est quand même très rare que je sois admirative de quelqu’un ! C’est en partie pour cela que j’ai eu envie d’écrire sur Avenir Animal et d’éveiller les consciences à mon petit niveau.
Mon expérience de cet été avec Avenir Animal fut d’être famille « point de chute » pour deux petites staffies. Shirley m’a contactée en fin d’après-midi un lundi de fin juillet en me demandant si je pouvais récupérer deux chiots en urgence. J’ai bien évidemment accepté. Entre 17h et minuit elle a fait l’aller/retour à Arras pour récupérer, non sans mal, aux côtés des forces de l’ordre, ces deux bébés malnutris, maltraités dont la maman avait été tuée peu de temps après leur naissance (et oui une chienne adulte ça coûte cher en nourriture !) et leurs frères et sœurs vendus sur snapchat pour acheter un Iphone !!!! Je n’ose imaginer l’avenir de ces 7 petits. Les chiennes auraient dû peser 6 kg à deux mois, l’une en pesait 2.5 (Coco la beige) et l’autre 1.2 (Xena la noire).
Les futures Coco et Xéna, deux mois, sur la route entre Arras et chez moi

Me voilà donc à minuit avec deux chiots qui sentaient l’urine, bourrés de puces, de vers mais qui en quelques minutes se sont sentis très à l’aise chez moi. C’est ce qui m’impressionne toujours chez les chiots sortis de la misère, cette résilience. Pendant quelques jours, le temps de trouver une famille d’accueil pour elles, je me suis donc affairée à les soigner, les nourrir, les câliner, leur redonner goût à la vie.
Mes « patates », deux jours plus tard. On remarque l’énorme ventre gonflé par les vers de Xéna, à droite.

Nous avons reçu des dons de nourriture, d’alèses, de jouets de personnes touchées par leur histoire. Je remercie d’ailleurs Chantal P. qui s’est montrée très généreuse et sensible envers nos petites.
J’ai déposé mes chiots dans leur famille d’accueil le samedi qui a suivi. Je dois dire que j’ai eu un énorme coup de cœur pour la fragile Xéna et au moment de m’en séparer ma gorge était bien serrée. Si Coco s’est très vite remise des ses deux misérables premiers mois de sa vie, il n’en fut pas de même pour ma douce Xéna qui a déclaré la giardiose*, à peine débarrassée de ses vers. Elle a donc passé plus d’une semaine chez le vétérinaire avec perfusion et autres traitements entre la vie et la mort. Elle qui était déjà si maigre avait encore perdu du poids. Nous n’étions pas très optimistes. Elle s’est accrochée à la vie et a tenu bon avec toutes nos ondes positives.
Xéna et Coco dans la famille d’accueil


Aujourd’hui Xena et Coco sont adoptées et profitent de la vie dans leurs familles.
Le sauvetage de ces chiots aura mobilisé Shirley et son association, deux familles, et les bonnes âmes qui ont participé financièrement à leur survie. Le coût des soins vétérinaires fut assez pharamineux pour elles, près de 3000 euros.
Cette histoire que j’ai vécue de très près est celle de centaines d’animaux. A chaque intervention Avenir Animal s’implique tant pour sauver l’animal que pour lui trouver une famille digne de ce nom. Au moment où j’écris Shirley est encore en intervention et gère à côté une chienne et ses 9 chiots sauvés il y a trois semaines.
Xéna et Coco dans leur nouvelle vie


Si en lisant ces quelques lignes vous avez envie de participer d’une manière ou d’une autre à la protection animale, retrouvez Avenir Animal sur internet https://www.aveniranimal.fr/, sur facebook et instagram.
Je le répète, si vous êtes témoin de maltraitance, contactez les associations, les forces de l’ordre, n’hésitez pas à filmer. Fermer les yeux c’est être tout autant coupable que le bourreau.
J’entends souvent dans mon entourage, lorsque je parle de tout cela des « c’est horrible », « je ne peux pas voir ça », « je ne comprends pas », ou encore quand j’avais les petites chez moi« c’est bien ce que tu fais », « les pauvres, comment peut-on faire ça ? », mais concrètement à part Chantal citée plus haut, je n’ai pas eu un paquet de croquettes ou quoique ce soit pour les petites. L’empathie s’arrête-t-elle quand le portefeuilles est touché ?
Je terminerai sur cette question que Shirley et moi nous sommes posé hier soir autour d’un verre. Ne serait-ce pas la déception de l’Humain qui nous aurait menées à nous impliquer dans la protection animale ? Un animal c’est de l’amour inconditionnel et de la fidélité. Nous sommes leurs héros et toute leur vie. Eux ne nous déçoivent jamais, ils méritent largement notre soutien et notre aide.
Comme disait Gandhi : « On peut juger de la grandeur d’une nation et de ses progrès moraux à la façon dont elle traite ses animaux ».
Chers lecteurs, je vous laisse méditer là-dessus.
Cet été avec Athéna et ses petits tout potelés ! Avec Xéna, dans sa famille d’accueil

